Apprendre à dessiner prend une vie. Il existe tellement de techniques que l’on peut parfois s’y perdre. On va prendre plaisir à les découvrir ici.
Définir sa technique d’illustration pour progresser
En réalité, il n’existe pas une technique du dessin à proprement parler. Pour vous donner mon exemple, j’ai commencé à peindre à la gouache à 3 ans, puis à l’encre sur soie à 12 ans avant de faire du dessin au crayon à papier, en couleur, à l’encre de Chine puis sur ordinateur avant de passer à l’Ipad pour revenir enfin à la gouache 30 ans plus tard.
Tout dépend d’abord du type d’illustration que vous avez envie de développer. Certaines techniques se prêtent mieux à certains exercices : on utilisera par exemple plus facilement une encre de Chine avec un stylo Rotring fin pour du dessin précis d’architecture. Le crayon gras ou la sanguine sont parfaits pour du modèle vivant. L’aquarelle pour du paysage, le pastel gras pour du carnet de voyage. Mais une fois que vous avez pris vos marques avec chaque outil, vous êtes bien libre de vous affranchir de ces usages et de les utiliser comme bon vous semble pour en tirer le meilleur.
En dessin, on retrouve quelques grandes familles :
- Le dessin d’observation : vous dessinez le monde qui vous entoure (sur un petit carnet de croquis par exemple).
- Le modèle vivant : c’est quand vous dessinez une personne (souvent nue ^^) pour progresser en anatomie.
- La nature morte : c’est l’observation d’une scène proche, souvent éclairée en studio (un panier de fruits par exemple).
- L’architecture : c’est l’observation des espaces urbains, la perspective, les volumes…
- L’illustration : ce sont les images qui accompagnent une création (un livre jeunesse, une campagne marketing, un magazine).
- Le dessin médical : c’est toute l’imagerie pédagogique qui gravite autour des métiers de la médecine.
- La bande dessinée : pas besoin de vous faire un tableau, c’est un monde à part entière.
- Le manga : un autre monde à part entière qui rencontre un grand succès chez les amateurs de dessin.
Et il en existe beaucoup d’autres. Le but n’est pas d’enfermer les types de dessins dans des cases mais plutôt de comprendre qu’en dessin, avec des outils similaires, on peut aller dans des directions très variées. Faisons un tour des différentes méthodes de dessin pour trouver ensemble celles qui pourraient vous plaire le plus.
Le dessin traditionnel
Avant de dessiner sur ordinateur, les premiers hommes ont saisi de leur main un charbon calciné pour l’écraser sur les parois rocheuses. S’il est aujourd’hui tout naturel de faire danser son Apple pencil entre ses doigts, posé au soleil dans un coffee shop, il ne faut pas oublier les millénaires d’histoire picturale qui nous précèdent. Surtout que le dessin traditionnel (sans électricité pour la faire courte) a de très beau jour devant lui. Cela ne m’étonnerait pas que le dessin sur papier revienne en force ces prochaines années face à la montée de l’IA.
1. Le crayon de couleur
Rendons à César ce qui est à César. On ne peut pas commencer ce top sans parler de celui qu’on connait tous (c’est un peu notre flûte à bec à nous). Quand on pense crayon de couleur, on pense immédiatement pochette en plastique avec les mini-crayons de notre nièce en train de gribouiller sur la nappe. Alors certes, on est tous passés par le crayon de couleur, l’école, les arts “plastiques” avant de rendre notre tablier.
Mais le crayon de couleur c’est aussi une infinité de couleurs, une variations de touchés et de styles, des marques de très haute qualité, des artistes professionnels. Je pense notamment au fabriquant Faber-Castell et à sa gamme de Polychromos riche de ses 120 nuances lumineuses. Du côté des illustrateurs, je pense particulièrement à Clément Thoby et à ses paysages incroyables du Japon ou à Caroline Péron et ses sportives solaires. Une belle preuve que le crayon de couleur n’est pas réservé qu’aux classes maternelles.
Quelle marque de crayon de couleur acheter ?
– Polychromos de Faber-Castell
2. La gouache
La gouache aussi peut être catégorisée dans notre souvenir comme une technique d’enfant. Pour autant, elle fonctionne avec l’eau ce qui la rend moins accessible au premier abord. Sa grande force est d’offrir un rendu mat et un grand pouvoir couvrant (quand elle est sèche, on peut supperposer des couches). La gouache est fabriquée à base de pigments (synthétiques ou naturels) liés ensemble grâce à un liant (en général la gomme arabique). Elle fait le bonheur des petits tout comme des professionnels qui apprécient sa simplicité d’utilsiation.
À titre personnel, je l’utilise quotidiennenment depuis 2022, année durant laquelle j’ai créé la série Alger, 60 illustrations intégralement peintes à la gouache (vous pouvez les découvrir sur la boutique).
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La promenade
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La rade
Price range: €30 through €46 -
La Rotonde
Price range: €30 through €46

Quelle marque de gouache acheter ?
– Linel de Lefranc Bourgeois
– Winsor & Newton
– Acryla gouache de Holbein
3. L’acrylique
L’acrylique est souvent confondue avec la gouache et à raison : elles sont toutes les deux diluées à l’eau. L’acrylique se distingue pourtant de la gouache par sa composition. C’est un mélange de pigment avec une émulsion aqueuse de résines synthétiques polyacryliques ou polyvinyliques. Sa caractéristique principale est de sécher très rapidement. C’est parfait quand on a besoin de travailler couche sur couche. Mais cela peut aussi être plus dérangeant quand on prend son temps.
Dans les grands coups de coeur à l’acrylique, je pense notamment aux peintures de Yokiko Noritake et ses personnages élégants dans des univers luxueux en montagne, à Paris ou en bord de lac.
L’acrylique peut aussi être utilisée en stylo. C’est par exemple ce qu’utilise Tom Haugomat lors de ses vacances, voyage ou pour ses dessins préparatoires. Voici un extrait de ses magnifiques séries de miniatures.
Quelle marque de peinture acrylique acheter ?
– Molotow
4. Le pastel
Qui n’a pas rêvé de jeter un carnet de croquis dans un sac et de partir en voyage à la dernière minute ? C’est un peu la promesse du pastel. Il est transportable partout, il a un pouvoir couvrant fort qui permet d’exploiter tout le potentiel de la couleur sans sortir l’arsenal du peintre (chevalet, palette, eau…). Et oui, un de ses avantages principal c’est qu’il s’utilise sans eau, sans pinceau et sans préparation. C’est un baton de couleur à l’état brut. Il existe en réalité deux types de pastel : le pastel sec et le pastel gras. Le premier est composé de pigments et de très peu de liant. Son rendu est donc plus poudreux. Il faut utiliser un fixatif en fin de travail pour protéger le rendu (on peut utiliser une laque à cheveux aussi). Le second est composé de pigments également mais avec plus de liant. Le rendu est collant sur la feuille et peut produire du volume comme en peinture. Dans les deux cas, on peut mélanger les couleurs entre elles pour obtenir de nouveaux tons. Il existe un plus grand choix de couleur en pastel sec qu’en pastel gras. Si vous dessinez sur un carnet, utilisez seulement la page d’un côté. Sinon le temps pourrait avoir raison de votre création.
Côté inspiration, jetez un oeil au travail presque impressioniste de Beya Rebai.
Quelle marque de pastel acheter ?
– Sennelier
– Caran d’Ache
5. Le feutre
Le feutre offre une grande facilité d’usage. La couleur est immédiate et sans préparation. C’est parfait si vous avez besoin de dessiner rapidement ou en déplacement. On peut l’utiliser pour un dessin à la ligne ou en applat ou les deux combinés. Il supporte mal le mélange. Vous risquez de faire une couleur très foncée ou de trouer votre papier. Par contre, si vous utilisez des feutres à alcool avec un papier adapté, vous pouvez jouer sur les couches et faire se rencontrer les aplats de couleur (cela ressemble un peu à la sérigraphie que nous allons voir). C’est ce qu’on utilise pour du dessin de mode, du dessin d’architecture notamment.
Quelle marque de feutre acheter ?
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6. Le posca
Le posca n’est pas vraiement un type d’outil. C’est une marque tellement connue et appréciée qu’elle a donné son nom aux marqueurs à eau (comme Sopalin ou Frigidaire). Dans les années 80 les marqueurs Posca rencontrent un énorme succès dans le monde artistique urbain, le street art avant de se répandre à des usages très variés. C’est la sensation et le confort du feutre avec le rendu de la gouache : le meilleur des deux mondes. Il est tout terrain. Le verre, le bois, la céramique, les murs, les objets… rien ne l’arrête.
Je suis particulièrement fan des dessins préparatoires de Virginie Morgan.
Quelle marque de marqueur à eau acheter ?
– Posca
7. L’encre de chine
Avec l’encre de Chine on arrive dans un autre univers : celui du noir et blanc, de la caligraphie, du cinéma, du Japon, Chanel, la photo argentique. C’est le dessin du contraste par excellence. Son origine remonterait à 4000 ou 5000 ans avant Jésus-Christ. Elle est constituée d’un pigment noir d’origine végétale (la suie de pin, des graines ou autres plantes) et d’un liant. On peut y ajouter du camphre de Bornéo pour protégé le papier des insectes dans le temps et des produits aux vertus aromatiques pour changer l’odeur de l’encre.
Si elle est bien sûr très appréciée des calligraphes, elle est aussi utilisée en dessin avec des pointes de bois, des pinceaux fins, épais ou des brosses. Le dessin apparaît peu à peu grâce aux masses sombres qui contourent et préservent la lumière éclatante du papier. J’ai beaucoup utilisé l’encre de Chine lors de mes séances de croquis dans le train alors que j’étais étudiant en art.
Quelle marque d’encre de Chine acheter ?
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8. La peinture à l’huile
C’est l’outil de prédilection des peintres. Utilisée en plein air ou en atelier, la peinture à l’huile nous renvoie à l’image des grands noms de la peinture qu’on retrouvent au Louvres, au musée d’Orsay ou dans les grands musées nationaux. C’est la peinture par excellence utilisée depuis des siècles en Occident. Pour autant, il existe une grand palette (sans mauvais jeu de mots) de fabrication. Elle est essentiellement composée de pigments colorés et d’un liant à base d’huile de lin purifiée ou d’œillette pour les maintenir ensemble. Sa particularité est de mettre beaucoup de temps à sécher (au-delà de l’odeur). Ce long temps de séchage permet de reprendre sa création jour après jour sans rupture.
Quelle marque de peinture à l’huile acheter ?
– Lefranc Bourgeois
9. L’aquarelle
C’est la technique à l’eau par excellence. Ce sont des pigments (comme pour la gouache) avec un liant gomme arabique. La grande différence avec la gouache, c’est son niveau de charge. La peinture est beaucoup plus transparente et moins opaque. On peut l’utiliser pour couvrir des grandes surfaces. Les pigments posés sur la surface du papier tendu et mouillé produisent des effets naturels intéressants en se propageant. On peut jouer avec ces effets de dilution. L’aquarelle est aussi beaucoup utilisée en soutien pour apporter de la couleur à une gravure, un dessin.
Parmis les illustrateurs qui utilisent l’aquarelle, je pense notamment à Jean Mallard et ses peintures oniriques aux couchants de soleil à tomber par terre (il réalise lui-même ses peintures avec des pigments naturels).
Quelle marque d’aquarelle acheter ?
10. La sanguine
Vous avez déjà vu un croquis avec un crayon orangé ? Il s’agit ni plus ni moins de la sanguine. Elle est facilement reconnaissable à sa couleur sépia. Elle est fabriquée avec de l’hématite, une roche contenant de l’oxyde de fer. Elle connaît un fort succès au 18ème siècle avant de perdre un peu de sa superbe. On l’utilise aujourd’hui encore pour les dessin de croquis et notamment pas mal en modèle vivant. La qualité de sa mine est particulièrement sensible et permet de faire de beaux mouvements amples.
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11. Le fusain
Là on est sur du très vieux, voire du très très vieux. C’est la technique de dessin la plus vieille du monde. On est très proche du charbon écrasé dans les cavernes. Il est fabriqué à partir d’une branche d’arbre carbonisée (du saule ou du fusain d’Europe). Il est bien pratique pour les grands formats. On peut l’utiliser comme un crayon pour dessiner à la ligne ou sur sa tranche pour couvrir sa feuille de noir. Petite astuce : avec une gomme fusain, vous pouvez dessiner sur une feuille préalablement couverte au fusain en retrouvant le blanc du papier. Le fusain se présente sous la forme d’un crayon ou d’un batonnet.
Pour vous donner un exemple, je pense au travail sésissant de Sssimsim.
Quelle marque de fusain acheter ?
– Faber Castell
12. La mine de plomb
C’est les les Égyptiens, les Grecs et les Romains qui en ont fait un bon usage. Technique d’écriture à l’origine, elle est devenue un outil de dessin. Coulé dans un moule, le plomb prenait la forme d’un baguette (parfois décorée) qui servait à tracer des lignes. Aujourd’hui les “mines de plomb” vendues dans le commerce sont en réalité des mines de graphite. Elles permettent d’obtenir différents degrés de foncé en fonction de la pression qu’on exerce sur elles. Cependant, la mine de plomb ne donne jamais un noir profond mais plutôt un gris légèrement doré et brillant. Elle est aussi beaucoup utilisée pour le dessin d’atelier et le modèle vivant.
Quelle marque de mine de plomb acheter ?
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13. Le crayon à papier
Enfin, on termine les outils traditionnels par le plus classique et le plus répandu : j’ai nommé le crayon à papier. Dans vos trousses d’écolier, sur les oreilles des architectes, dans le petit pot de stylo à l’entrée, il est partout ! Si le crayon à papier sert aussi bien à dessiner dans le marges des cahier qu’à faire sa TO DO LIST de la semaine, il n’en existe pas moins une large gamme avec des usages variés et pointus. Si vous regardez sur votre crayon à papier, vous avez une petite inscription. Il ya les crayons H (pour Hard, ce sont les plus secs) et les crayons B (pour Black, les plus gras). Et entre les deux, il y a votre fameux HB, le grand public.
À titre personnel, je me sers toujours d’un crayon léger de type H pour les escquisses avant d’attaquer à la gouache.
Quelle marque de crayon à papier acheter ?
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Le dessin numérique
Maintenant qu’on est au clair sur ce qu’on peut faire avec des outils traditionnels, regardons un peu du côté de l’illustration numérique. Concrètement, si vous savez dessiner avec une feuille et un crayon, avec un peu d’exercice, il y a de grandes chances pour que vous puissiez très bien vous débrouiller avec une tablette. Certains sont vraiment freinés par l’aspect froid et distant que peuvent procurer les outils numériques. Mais avec un peu d’habitude on s’y fait (même moi). Je suis passé de Photoshop à Illustrator avant de me tourner vers Procreate pour enfin revenir au dessin à la main.
14. Procreate
C’est un des outils les plus efficaces et répandu du marché. Il a bénéficié du succès et de la propagation des Ipad. Procreate, à l’image de l’Ipad lui-même, est un outil à la fois grand public et professionnel. Vous ouvrez l’application miuni de votre Apple pencil, vous choisissez un format, un style de crayon et c’est parti. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Une fois votre dessin terminé, vous pouvez l’exporter dans tous les formats que vous voulez. L’application est très facilement utilisable en voyage, dans les transports, les cafés puisque l’ipad se glisse dans n’importe quel sac. Il devient un allié de choix pour les amateurs de dessins, le grand public aussi bien que pour les architectes, décorateurs, stylistes…
Les professionnels de l’illustration l’utilisent tout autant (c’est mon cas). Malgré un design très simple et épuré, on peut profiter d’option avancée telles que l’usage de calques, l’export dans des formats spéciaux, la créations de ses propres brushes et même l’animation.
Voici deux exemples avec Vincent Mahé et Buno Mangyoku.
15. Illustrator
C’est un logiciel plus ancien et bien connu des graphistes et directeurs artistiques. On est dans une logique totalement différente de Procreate. Sa technologie utilise les vecteurs et non les pixels. C’est à dire que chaque forme du dessin correspond à un vecteur (une courbe, un point mathématique enregsitré dans l’application).
Qu’est-ce que cela change ? Le style d’illustration déjà : le rendu est géométrique, rond, anguleux, parfait. Le principe d’illustrator est de permettre d’obtenir le dessin le plus précis qui soit. Vous pouvez l’agrandir à l’infini, l’imprimer sur un stade de foot pour le voir depuis la lune : il ne sera jamais pixelisé. Le seul bémole c’est que vous maniez des points et de courbes. Vous ne pouvez pas laisser aller votre crayon librement. C’est pour cela qu’il convient particulièrement au graphiste et designer.
Cela dit, des illustrateurs l’utilisent avec brio ! Prenons l’exemple de Malika Favre ou Dalkhafine par exemple.
16. Photoshop
Enfin, on retrouve notre bon vieux classique : Photoshop. C’est un peu le pionier des logiciels de l’image. À la base créé pour de la retouche photo (d’où son nom ^^), il a vite été détourné de ses focntions pour servir à tout un tas de choses (la peinture numérique, les trucages, les concepts arts, l’illustration). Aujourd’hui, il est encore un logiciel d’illustration très important. Il peut être utilisé sur ordinateur avec une tablette graphique par exemple (avec l’écran de l’ordinateur ou directement sur une tablette avec écran intégré. Pour les gros professionnels (animation, design, jeux vidéos) on peut carrément partir sur une Cintiq (c’est un écran énorme sur un pied) pour obtenir un grand confort de dessin sur un format géant. Ces dernières années, on voit pas mal de dessinateurs faire le pas vers Procreate qui n’offre certes pas des performances aussi puissante que Photoshop mais souvent suffisantes.
Sa grande force comparé à Illustrator c’est qu’on peut travailler davantage la matière, avec des brushes variées et infinies pour rendre des rendus proches du papier, des textures, du grain, des variations dans tous les sens. Le point faible, c’est qu’on ne pourra pas zoomer ou agrandir à l’infini comme avec Illustrator. Le dessin étant limité par un nombre de pixels par cm, il sera forcément dégradé si on agrandit trop. Mais ne vous inquiétez pas, il y a de quoi faire en choisissant des très grands formats au départ.
Chez les illustrateurs qui utilisent Photoshop, j’aimerais citer Benjamin Flouw.
Les procédés d’impression
Maintenant qu’on a fait un tour des principaux logiciels de dessin, on retourne du côté du papier, des encres et de l’huile de coude. Mais cette fois c’est pourdécouvrir les techniques à notre disposition pour imprimer. Certaines datent de Malthusalem et d’autres sont à la pointe de la technologie. C’est partie !
17. La lithographie
Vous avez déjà versé de l’huile dans de l’eau ? Il y a quelque chose qui cloche. L’huile ne veut pas se mélanger à l’eau et inversement. C’est exactement grâce à ce principe qu’est née la litho (pour les intimes). Ce procédé mis au point en Allemagne à la fin du 18ème siècle utilise le principe physique de la répulsion de l’huile et de l’eau pour fonctionner.
Le principe de la lithographie :
- On dessine avec un crayon gras sur une pierre poncée avec du sable et de l’eau.
- On applique sur le dessin un mélange d’acide nitrique et de gomme arabique.
- On recouvre la pierre de noir qui ne va se déposer que sur le dessin.
- On cale la pierre dans la machine et on charge les rouleaux de peinture.
- La feuille passe dans le rouleaux et prend le motif du dessin.
18. La sérigraphie
Allez on part sur mon chouchou. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en faire mais j’aime énormément le rendu de la sérigraphie. Je me suis promis à moi-même d’en faire un jour (sans faute). Vous avez déjà fait des pochoirs quand vous étiez enfants (ou après) ? C’est la même chose, à un ou deux détails techniques prêts.
Le principe de la sérigraphie :
- On recouvre l’écran (tissu tendu sur un cadre) d’un produit photosensible.
- On glisse notre dessin entre l’écran et des ultraviolets et on laisse insoler.
- Le produit photosensible est devenu solide partout à l’exception de notre dessin.
- On lave l’écran et notre dessin est intégralement parti créant la forme du pochoir.
- On rempli l’écran d’encre et on le pose sur une feuille ou un textile.
- À l’aide d’une racle, on applique la couleur qui vient appliquer notre dessin sur la feuille.
- On laisse sécher.
Les résultats sont incroyables !
19. La linogravure
Avec la lithographie et la sérigraphie on mettait de l’encre partout mais elle ne restait que là où était notre dessin comme un pochoir (grâce au corps gras ou au produit photosensible). En linogravure, on va faire l’inverse : on va creuser partout notre matière en préservant juste les endroits de notre dessin. Une fois recouvert d’encre, il va venir s’appliquer comme un tampon géant. Ce procédé nous arrive de l’autre côté de la manche par le britannique Frederick Walton inventeur du linoleum.
Le principe de la linogravure :
- On dessine notre motif sur une plaque de linoleum ou du bois.
- À l’aide d’une gouge, on vient retirer tout ce qu’il y a autour du dessin.
- On recouvre notre dessin d’encre au rouleau.
- On dépose la feuille sur la plaque et on appuie fort.
- On retire la feuille et le dessin est imprimé.
C’est magique !
20. L’impression numérique
Bon ben là, pas de surprise. C’est le mode d’impression le plus courant et que vous utilisez tous les jours. Pas besoin de dessiner sur une pierre, desculter dans du lino ou d’insoler un écran. Pour l’impression numérique, l’imprimante reçoit des informations numériques et applique directement l’encre en poudre aux bons endroits avant de la passer au four pour fixer les couleurs (c’est très rapide).
On connait tous l’impression de notre imprimante de bureau. Le résultat est pas vraiment fou fou. Mais attention, il existe de nombreux modèles d’impression numérique. Le matériel professionnel permet d’obtenir un rendu excellent. L’impression numérique est parfaite pour des tirages en nombre moins important.
21. L’impression offset
Là on est sur du très très lourd. Vous avez intérêt à avoir pas mal d’exemplaires de votre dessin à imprimer car le processus de l’offset c’est du costaud et la machine est énorme. On l’utilise pour les tirages en grand nombre car il est puissant et peut être économique à une certaine échelle. C’est un procédé assez récent puisqu’il nous arrive du début du 20ème siècle, directement inspiré de la lithographie.
Le principe de l’impression offset:
- On séppare notre dessin selon les 4 couleurs CMJN (Cyan, Magenta, Jaune, Noir).
- On grave 4 plaques pour chaque couleur qu’on insert dans la machine.
- On met les 4 encres sur les cylindres et on fait tourner la machine.
- Une fois les cylindres encrés, on peut lancer le papier.
- Le papier aspiré passe par les 4 cylindres jusqu’à la sortie.
C’est le procédé que j’ai utilisé en 2019 quand j’ai lancé ma première collection d’illustrations de Paris. C’était un vrai paris d’imprimer tout en une seule fois car c’est un procédé couteux. Mais ça en vallait la peine. Les voici :
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Saint-Fargeau
€65
22. La risographie
Pour faire simple, la risographie est une sorte de sérigraphie/impression offset mécanisée (un pochoir automatisé en quelque sorte). Cette technique nous vient tout droit du Japon où Noboru Hayama lance le premier Riso GRAPH en 1958. L”intuition de départ était imprégnée de l’espérance de son fondateur pour un avenir meilleur (Riso signifie idéal en japonais). Economique et performant, le procédé convient parfaitement aux associations, organisations politiques, églises, syndicats qui l’adoptent rapidement. La technique est minimaliste : elle fonctionne à froid (l’encre sèche toute seule) et nécessite des consommables naturels (encre à base d’huile de soja ou de colza). Les couelurs sont utiliséees en ton direct (pas de mélange) avec des trames et offrent une palette originale avec des couleurs vives, flashs, métaliques et brillantes. Son rendu imparfait, artisanal et légèrement désué en fait un premier choix pour les designers, illustrateurs et éditeurs indépendants d’aujourd’hui.
Le principe de la risographie :
- On choisit le nombre de couleurs souhaitées pour l’image.
- On crée le master (rouleur perforé qui laisse passer l’encre) pour chaque passage de couleur.
- On installe le master sur le ou les rouleaux dont la machine dispose.
- S’il y a plus de couleurs que de rouleaux disponibles sur la machine, il faudra faire plussieurs passages.
- L’impression est lancée. La feuille passe dans les rouleaux successifs et tombe dans le bac.
- Il ne reste plus qu’à attendre que l’image soit tout à fait sèche.
23. L’impression jet d’encre pigmentaire
Les illustrateurs et photograhes souaitant obtenir la plus grande fidèlité de reproduction de leurs oeuvres peuvent se tourner vers l’impression jet d’encre pigmentaire. Ce système d’impression utilise des encres à base de pigments (particules solides) déposées sur du papier 100% coton et au pH neutre. Le résultat des couleurs est époustouflants : les noirs sont intenses, les valeurs de gris sont étendues, les couleurs vives et fidèles. Les tirages obtenus par ce procédé offrent une très grande longévité de conservation. C’est pout cette raison qu’il sont priviliégié pour les tirages de collection, de musée ou d’atistes. On l’appelle Tirage d’art, ou Fine art ou encore Giclée print. Lesz impressions se font à l’unité et peuvent être découpées à la main. Les tirages sont nécessairement beaucoup plus couteux que les autres procédés (mais cela en vaut la peine).
C’est le procédé que j’utilise pour toutes mes nouvelles collections.
On récapitule
Vous avez vu, c’est incroyable le nombre de techniques qui existent en dessin. Des plus traditionnelles et minimalistes aux plus sophistiquées, vous avez tout l’embarras du choix. Maintenant, que nous avons vu tout ça, quelle est la technique qui pourrait le mieux vous correspondre ?
Le voyageur
- Si vous êtes un dessinateur furtif, que vous aimez les voyages et les croquis en extérieur je ne saurais que trop vous conseiller de prendre avec vous (en plus de votre carnet) soit des crayons de couleur (Polychromos), soit une boite de pastel gras, soit des stylos acryliques (Molotow), soit des feutres (couleur ou noir et blanc). Astuce : choisissez des gros feutres si vous voulez progresser (vous êtes obligé(e) de moins vous appliquer et donc de moins réfléchir. Pas de gomme aussi.)
Le peintre
- Si vous êtes plus dans un trip Monet ou Gauguin, vous pouvez partir sur de la peinture à l’huile ou de l’acrylique. Deux choix s’offrent à vous : la peinture en intérieur (vous pouvez investir dans un chevalet solide) ou la peinture en plein air (favorisez un équipement léger).
L’animateur
- Si vous aimez les images animées, que vous rêvez de produire un jour une séquence animée digne d’un Ghibli, le plus simple est peut-être de partir sur une technique numérique. Soit vous travaillez des petites séquences sur votre Ipad avec un unique outil comme Procreate. Soit vous pouvez carrément partir sur de l’animation After Effects (animation de formes) ou importer vos dessins (Photoshop, Illustrator ou autre). Il est aussi possible de faire de l’animation traditionnelle avec du papier ou de la peinture sur verre mais c’est un gros boulot.
Le perfectionniste
- Vous aimez le graphisme, les belles typos, les formes nettes, la précision : il y a de grande chance pour qu’Illustrator soit votre choix de coeur. C’est le meilleur outil pour travailler en précision avec des veteurs et des courbes. Vous pouvez mélanger le dessin au travail de la typographie, des trames et des couches. Ce sera aussi très pratique si vous voulez tester des impressions en très grand format.
L’esthète
- Vous avez un goût pour la matière et les illustrations au rendu authentique et manuel, une technique comme la gouache, l’acrylique, le posca pourrait vous plaire. Ce sont des techniques qui laissent une plus grande place à l’imperfection et à l’inattendu. C’est ce qui apporte aussi tout le charme à vos illustrations. Rien ne vous empêche par la suite de scanner vos images en très haute résolution sur des machines professionnelles pour obtneir des reproductions de qualité.
Avant de vous spécialiser, n’hésitez pas à tester un grand nombres de ces techniques. Il est inutile de s’enfermer et chaque technique apporte un nouveau regard qui peut être utile ailleurs. Regardez les formations en écoles ou en cours du soir, les chaines Youtube spécialisées et les ateliers et associations de quartiers qui dispensent des cours et des conseils qui peuvent vous aider à avancer.
FAQ illustration
Quels sont les différents types d’illustration ?
Comment debuter dans l’illustration ?
Comment faire de l’illustration ?
Comment se faire connaître illustration ?
Quelle est la différence entre un dessin et une illustration ?
C’est quoi le style graphique ?
Quelle est la nature de illustration ?
Comment trouver son propre style de dessin ?
Quel est le rôle de l’illustration ?










