Graphiste illustrateur : le couteau suisse de la création visuelle.

Graphiste et illustrateur sont en réalité deux métiers connexes et bien souvent confondus. Mais que fait chacun d’eux ? Est-il possible de faire ces deux métiers à la fois ? Voyons en détail le rôle d’un graphiste illustrateur.

©FloraFourcade

Le graphiste ou l’illustrateur : à qui faire appel et pour quoi ?

Le graphiste et l’illustrateur sont tout deux à la croisée de la direction artistique, du graphisme et de l’image. Pour autant, ils ne font pas le même métier bien qu’ils travaillent souvent ensemble. Disons que le graphiste se concentre sur la communication par la typographie et la mise en page et que l’illustrateur transmet des émotions par le dessin. Certains – et rare sont ceux à bien le faire – exercent ces deux métiers en même temps. Ce sont les graphistes illustrateur. Ils ont un avantage compétitif important car ils peuvent intervenir à toutes les étapes de la création d’un livre, d’un magazine, d’un site web ou au moins très bien saisir les enjeux de leurs partenaires créatifs. Mais attention, dans la majorité des cas, un graphiste ne sait pas bien dessiner et un illustrateur ne sait pas bien mettre en page. Les deux doivent avoir les notions fondamentales minimums de l’autre métier pour bien travailler ensemble. Je suis Aloïs Marignane, artiste illustrateur à Paris et nous allons découvrir ensemble le travail du graphiste illustrateur.

Mais avant ça : un peu d’histoire !

Si on reprend depuis le début, la presse écrite a longtemps été le moyen de communication dominant. L’imprimerie et l’édition nécessitaient l’intervention de spécialistes de la typographie qui étaient en quelque sorte les ancêtres des graphistes. Les artistes quant à eux proposaient ponctuellement leurs services (des gravures par exemple) pour agrémenter d’images les livres. Mais lors de la révolution industrielle et l’arrivée de la lithographie en couleur au 19ème siècle, la publicité se développe à grand pas et ouvre un large champ pour les arts visuels, la création d’affiches et d’emballages. Ce sont des artistes qui la plupart du temps sont embauchés comme dessinateurs d’affiches publicitaires comme Jules Chéret, Choubrac ou Pal. Ce seront après eux Toulouse Lautrec, Mucha et beaucoup d’autres qui s’approprieront ce format du symbolisme à l’art nouveau en passant par les nabis.

Après la guerre, et les différents mouvements futuriste, dadaïste, constructiviste, Bauhaus ou Art déco et j’en passe, les règles esthétiques éclatent et la création devient moins figurative. La photographie est de plus en plus largement exploitée en publicité également. Cette transition artistique ouvre un nouveau chapitre de l’art visuel. C’est peut-être à ce moment qu’on voit vraiment émerger la distinction entre ces deux rôles telle qu’on la connaît aujourd’hui : le graphiste d’une part, spécialiste de la communication visuelle, de la typographie et communicant à travers des mises en page artistiques et l’illustrateur, un artiste au service de la presse, de l’édition jeunesse, la bande dessinée, la pub… à travers ses dessins.

Aujourd’hui, l’évolution des moyens de communication, d’internet et tel que nous ne savons pas toujours où nous en sommes et qui fait quoi dans l’industrie de l’image. Comment distinguer un infographiste d’un graphiste, d’un maquettiste, d’un DA, d’un créa, d’un exé… ? Pas si simple.

Le graphiste

Le graphiste est un créatif spécialisé dans la transmission d’un message au moyen d’un objet graphique grâce à une mise en page qui peut être claire, esthétique, ludique, impactante, pédagogique. Il est amené à travailler pour la publicité, le marketing, l’édition, le design web. Ce qui ne facilite pas la tâche c’est qu’il existe de nombreux métiers au sein du graphisme et des niveaux de responsabilité. Si on parle de la personne qui conçoit l’identité esthétique et stratégique d’une marque, on parlera plutôt d’un Directeur Artistique (DA) ou d’un Créa. C’est celui qui définit la ligne artistique d’un projet à travers des choix de styles, d’ambiances, de typos et de couleurs. Le graphiste a davantage un rôle de terrain et aura pour mission de réaliser logos, brochures, affiches, sites web, et d’autres supports de communication en suivant la ligne artistique définie. Son métier peut s’étendre autant au monde de l’imprimé que du web et de l’animation. Il est amené à se spécialiser s’il veut être bon dans son domaine.

Les types de graphistes

  • Le graphiste branding : il travaille sur la mise en place de l’univers visuel des marques en accord avec leurs valeurs. Cet univers peut se décliner en logos, bannières, roll up, carte de visite… Il travaille en agence ou en indépendant.

  • Le graphiste éditorial : il est en charge de la maquette d’un journal, d’un livre ou d’un catalogue. Il travaille au sein d’un média, d’une édition, d’un pôle de communication d’entreprise, d’une agence ou en indépendant. On l’appelle aussi maquettiste car il agrège textes et images sur la maquette. Son rôle peut aller de la conception de la ligne artistique d’un journal par exemple ou la simple mise en page d’un chemin de fer.

  • Le graphiste print : c’est peut-être le profil le plus répandu. Il est généraliste et travaille dans n’importe quel type de structure et prépare tous types de mise en page en vue de l’impression. Il est en lien avec l’imprimeur et s’assure de sortir des fichiers conformes et fidèles à la direction artistique.
  • Le web designer : C’est le versant web du graphisme. Il est spécialisé dans la création et la mise en page de sites, d’app, intranet, landing page. Son rôle n’est pas seulement de faire des belles maquettes mais aussi de penser une expérience utilisateur cohérente. Il est en lien avec des spécialistes sur le sujet : UX, UI designer.
  • Le graphiste web : Il est à l’origine de tous les visuels exploités en ligne (bannières, publicités, visuels…).

Donc en gros, un graphiste manie l’art de passer un message à travers une composition visuelle mêlant le texte, l’image, la photo. Il a une solide culture visuelle et s’inspire autant des grands classiques de l’art graphique dont il s’approprie les codes que des nouvelles tendances qu’il anticipe et contribue à les faire évoluer.

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L’illustrateur

De son côté, l’illustrateur a lui aussi potentiellement plusieurs codes ou spécialisation à son arc. On pourrait dire que son art de prédilection est le dessin, à l’origine uniquement traditionnel et aujourd’hui majoritairement numérique bien que l’usage des bons vieux crayons et papiers soit bien loin de disparaître (il revient même sur le devant de la scène face à l’émergence de l’IA). Le dessinateur travaille au sein d’une agence ou souvent à son compte et répond à des demandes de clients variés. Il peut être amené à travailler aussi bien pour une entreprise privée, qu’une institution publique, un titre de la presse papier, un magazine ou pour un éditeur. Les illustrateurs d’aujourd’hui sont souvent très polyvalents et ajoutent au dessin de commande d’autres activités comme une boutique en ligne, des partenariats avec les marques, du sponsoring, la monétisation d’une audience en ligne… Si les dessinateurs et dessinatrices professionnelles touchent à tout, voici les grands types de missions sur lesquelles ils peuvent travailler :

Les missions de l’illustrateur :

  • L’illustrateur éditorial : son rôle est de mettre en valeur, compléter ou enrichir un article dans un magazine, un journal, un livre. Il sera très adapté pour traiter visuellement d’un sujet difficile à montrer par une photo. L’illustration joue un rôle de filtre, d’amplificateur avec un traitement plus poétique offrant du recul et un propos plus général.

  • L’illustrateur jeunesse : il travaille à la commande d’une maison d’édition pour dessiner la couverture d’un auteur, des pleines pages dans un livre illustré, seul ou avec d’autres artistes. Il peut aussi travailler sur ses propres ouvrages en tant qu’auteur et dessinateur.

  • L’illustrateur publicitaire : souvent en collaboration avec les agences, parfois en contact direct avec les marques, il confectionne avec l’équipe créative, les illustrations des campagnes de communication, de confection de packaging illustré ou de mise en scène d’un événement. Il arrive après la définition du brief créatif par l’équipe DA et doit en tenir compte pour déployer sa créativité.

  • L’illustrateur de presse : comme l’illustrateur éditorial, il travaille aussi pour les titres de la presse. Son dessin est davantage une chronique ou une tribune politique qu’une image d’accompagnement. À travers son dessin satirique, il apporte un angle nouveau, humoristique et piquant sur un fait de société.

  • L’illustrateur BD : pendant plusieurs mois, voire une année, il travaille à l’élaboration d’un album de bande dessinée ou d’un roman graphique. Il travaille en collaboration avec son éditeur et un scénariste.

  • L’illustrateur Concet Artist : c’est la personne qui pose les premières images d’un film, d’une animation ou d’un jeu vidéo. Son rôle est de traduire au mieux les inspirations du réalisateur ou du DA et de les suggérer en couleur pour que l’ensemble des équipes créatives et 3D puissent s’en saisir et l’emmener jusqu’au projet final.

Il existe encore beaucoup d’autres missions potentielles pour un illustrateur mais en voilà déjà un bon panorama. Il faut bien avoir en tête qu’aujourd’hui, un illustrateur est comme une pelure d’oignon et travaille à plusieurs tempos en même temps. Il répond à des commandes à livrer 3 jours plus tard, des projets avec plusieurs mois d’avance, tout en gardant du temps pour son prochain livre ou sa prochaine expo et en gérant sa boutique en ligne ou ses galeries et boutiques partenaires.

Le graphiste illustrateur allie talent artistique et maîtrise technique.

Avec une telle variété de possibilités de missions qui s’offrent à l’un et l’autre, on comprend bien pourquoi il n’est pas évident pour une personne de maîtriser à la fois l’excellence en dessin et le talent dans la composition et la direction artistique.

Pour autant, si vous avez trouvé la bonne personne, vous pouvez vous retrouver gagnant sur de nombreux points.

Les avantages à faire appel à un graphiste illustrateur :

  • La cohérence créative : c’est à mon sens le point le plus important. Si votre artiste est bon, le fait d’avoir une seule personne au commande du projet va offrir une grande cohérence artistique qui se reconnaîtra.

  • Le gain de temps : les aller-retour entre l’artiste, le DA, l’auteur, l’éditeur ou le producteur, le maquettiste peuvent rallonger considérablement le projet. Si vous avez une personne en capacité de gérer l’aspect créatif tout en étant maître de l’export final, vous gagnez du temps.

  • La réduction des coûts : pour chaque projet, il existe des coûts de gestion incompréssibles et des charges pour chacun de vos prestataires. S’il est seul, il consacre davantage de son temps à la création qu’à la gestion du projet.

  • La fluidité de communication : si vous vous comprenez bien, il n’y a pas besoin de mettre une équipe créative au diapason. Les échanges et les retours se font simplement.

  • La flexibilité : moins vous avez de personnes dépendant les unes des autres, au mieux vous pouvez planifier le projet et vous arrange avec votre créatifs en fonction de ses seuls dispos etcontraintes.

↘︎ Cela dit, c’est valable si vous avez trouvé une perle. C’est surtout très intéressant pour des petits et moyens projets. Pour des projets plus ambitieux ou à grosse ampleur, il peut être intéressant de monter une équipe avec des profils très compétents et spécialisés dans leur domaine.

Aloïs Marignane

PORTFOLIO

Comment travailler avec un graphiste illustrateur freelance ?

Voici quelques mesures pour vous aider dans votre choix et tout au long de votre travail avec le graphiste illustrateur.

  • Le feat créatif dès le départ : cela paraît bête à dire mais vous faites avant tout un choix artistique. Si vous prenez du soin pou choisir les carreaux de votre salle de bain, prenez le temps de sélectionner un artiste sur un coup de coeur plutôt que par d’autres critères. S’il y a déjà une complicité stylistique, la confiacne va s’établir plus facilement et l’artiste sera dans de bonnes dispositions car il aura le sentiment d’avoir était choisi(e) pour son travail.

  • Un objectif clair : pour faciliter le travailpar la suite, vos partenaires créatifs n’ont pas besoin de trop d’informations, d’un historique des 30 ans de votre boîte ou des préférences de votre patron. S’il est professionnel, il fera la part des choses. Ce dont il a avant tout besoin c’est de comprendre votre motivation dans ce projet : qui vous voulez toucher, quand, pourquoi ? Il posera ses questions pour le reste.

  • Un brief bien ficelé : cet objetif se traduit en un brief concis et détaillé. Vous y énoncez l’objectif précédent en ajoutant votre cahier des charges : quelles sont vos références, inspirations ? que voulez-vous transmettre ? Que voulez-vous éviter ? et vous détaillez vos besoins pour la création du contrat d’exploitation du projet : pour quelle durée d’exploitation ? sur quel territoire ? et sur quels supports ?

  • Un champ de liberté et de confiance : une fois que le brief est reçu par l’artiste, que les conditions sont convenus et que le contrat est signé, laissez l’artiste vous proposer ce qu’il a de meilleur à vous proposer. Quand les étapes précédentes ont été bien respectées, et que la confiance est là, alors le projet ne peut que bien se passer. Plus l’artiste à un cahier des charges clair et de la liberté, plus il pourra se donner et vous offrir ce qu’il sait faire de meilleur.

  • Une communication bien huilée : cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se tenir régulièrement au courrant de l’avancée du prijet et faire des points d’étapes du projet quand c’est nécessaire et comme cela a été défini auparavant. Ne vous imposez pas des points si cela n’est pas nécessaire, seulement quand il y a un besoin. Essayez de regrouper vos remarques et demandes au maximum et n’hésitez pas à les compléter d’un mail de récapitulatif.

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Qui sont les graphistes illustrateurs célébres ?

Parmi les graphistes illustrateurs célébres, on peut compter l’américain Saul bass, notamment connu pour ses affiches de films (pour Hitchcock, Preminger, Scorsese). On peut citer Seymour Chwast et son approche narrative et satirique, Paula Scher pour son travail de la typo et de l’illustration, de Paul Rand et ses rebranding (IBM, ABC, UPS).

Quelle formation pour devenir graphiste illustrateur ?

Il y a l’option en école en s’orrientant vers une école de design, de graphisme, de Direction artistique ou d’illustration et en complétant les autres compétences sur le tard, par des options ou en cours du soir. Vous avez la possibilité de vous former entièrement à distance avec des cours en ligne. Dans l’un et l’autre cas, ces métiers étant compétitifs et exigeant, prenez le temps de vous faire une bonne expérience en entreprise ou en agence.

Quel est le salaire moyen d’un graphiste illustrateur ?

Il est difficile de réponde à cette question car la plupart d’entre eux sont en indépendants. Un salaire moyen peut être aux alentours de 2000 € et peut aller jusqu’à 3000 – 4000€ pour ceux qui se démarquent sur ce marché.

Je suis Aloïs Marignane, artiste illustrateur français.

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