Illustrateur jeunesse : cet artiste qui dessine des livres pour les enfants.

Devenir illustrateur pour enfants, c’est un rêve de gosse. Si on commence tous la vie avec un crayon dans la main, certains ne s’arrêtent jamais.

Je m’appelle Aloïs Marignane et je suis illustrateur à Paris. Je vais vous partager ici un morceau de mon parcours de dessinateur et on va découvrir ensemble le métier de dessinateur de livres illustrés.

Travailler avec un illustrateur de livres pour enfants

Il faut savoir que la plupart des illustrateurs jeunesse ne travaillent pas à 100% pour l’édition jeunesse. La création d’un livre n’est souvent pas suffisamment rémunératrice pour en vivre à temps plein. Les dessinateurs de livres pour enfants peuvent travailler également comme illustrateur freelance pour la publicité, l’illustration commerciale ou la presse. Ce complément de revenu leur permet de consacrer du temps à la création de leur ouvrage plus sereinement. C’est aussi une occasion de travailler avec une clientèle variée et couper avec le rythme monacal et la solitude de l’atelier. Dans les faits, les frontières de l’industrie de l’image tendent à disparaitre. Les illustrateurs d’aujourd’hui sont autant des artistes et auteurs que des chefs d’entreprise, influenceurs, commercants, professeurs et ils sont aussi leur propre média .

Les compétences clés du dessinateur jeunesse

Il est avant tout un artiste et ne remplit pas une fiche de poste précise. Si on achète un livre en librairie jeunesse pour son petit neveu, c’est parce que la couverture nous a fait de l’oeil et qu’en ouvrant quelques pages, le style nous a touché. Et nous ne savons pas vraiment comment l’expliquer.

Voici quelques ingrédients qui font les bons illustrateurs et artistes jeunesse.

  • 1. L’amour de l’objet du livre : avant d’être un auteur jeunesse, il a lui-même été cet enfant lisant sous la couette à l’insu de ses parents.

  • 2. L’insouciance de l’enfant : la création d’un livre est une telle aventure qu’il faut un peu de naïveté ou d’insouciance pour consacrer autant de temps au projet et y trouver du plaisir.

  • 3. L’excellence artistique : si on aime les auteurs que l’on aime c’est bien parce qu’ils ont un style inimitable, qu’on reconnait entre tous et qui nous fait rêver.

  • 4. La générosité : pour faire un livre – et qui plus est, un beau livre – il faut du temps, beaucoup de temps. La générosité est nécessaire pour obtenir un livre intemporel.

  • 5. Le sens du storytelling : si les personnages et les paysages ne racontent, s’il n’y a pas un je ne sais quoi qui donne envie de tourner la page, le livre tombe à plat. Il faut un certain sens du rythme, de l’espace, du suspens.

  • 6. Un minimum de discipline : le bon dessinateur doit aussi être un bon partenaire de travail. Si c’est un génie mais que le livre ne sort jamais, ce serait dommage.

↘︎ Pour la petite histoire

En 2010 j’entre en section animation à Marseille, après des Arts Appliqués, pour devenir concept-artist aux Etats-Unis. L’idée c’était d’aller dessiner les décors et personnages des futurs films animés et jeux vidéo. Mais la vie n’en a pas décidé ainsi. Au lieu de cela, j’ai exploré la philosophie, l’anthropologie, l’action sociale, la communication, le management, la vie associative et entrepreneuriale jusqu’au secteur public. Et un beau jour, j’ai ramassé ce crayon que j’avais laissé tomber. Depuis ce jour, je suis devenu illustrateur.

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Créer un livre avec un illustrateur

Sortir un livre, c’est une énorme aventure. C’est un peu comme monter une entreprise : le monde de l’édition est un secteur créatif passionnant mais difficile et au modèle économique incertain.

Pour l’auteur, l’éditeur comme pour le dessinateur, la démarche relève d’une aventure et d’un pari sur le temps long. En effet, un livre ne rencontre son public et ne trouve sa rentabilité qu’au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est pourquoi, il est nécessaire de faire les bons choix éditoriaux et artistiques pour que le projet aboutisse et rencontre un succès durable.

L’illustrateur jeunesse n’est pas là pour mettre des images sur une histoire (si bien sûr : mais pas seulement). Le choix d’un dessinateur plutôt qu’un autre ne dépend pas tant d’une question de budget ou de disponibilité. Il doit s’agir avant tout d’un vrai coup de cœur, d’une relation de confiance avec l’auteur du livre et l’éditeur jeunesse et d’une sorte d’intuition pour cette collaboration.

Ma prochaine collaboration

↘︎ Pour vous donner un exemple, j’ai été très touché quand Antoine Ullmann, Laetitia Le Moine (la revue Dada) et Raphaele Botte (l’auteur), m’ont tout trois confié m’avoir choisi pour être l’illustrateur de leur prochain livre pour enfants. C’était un choix partagé. C’est dans ce contexte et avec cette qu’on peut créer les bons livres.

Aloïs Marignane

PORTFOLIO

Mes 5 conseils pour choisir un illustrateur jeunesse qui vous correspond.

Car oui, il n’y a pas une seule bonne personne pour votre projet de livre. Par contre chaque illustrateur et illustratrice ayant sa marque de fabrique, son parcours et ses méthodes de travail, certains seront donc plus à même de mettre des images sur vos mots, jusqu’à vous surprendre favorablement.

Je vous partage 5 points que vous pouvez garder en tête au moment de choisir votre illustrateur jeunesse.

1. La patte artistique avant tout.

C’est assez évident mais si vous choisissez un dessinateur jeunesse, c’est d’abord et avant tout pour son style. C’est en feuilletant les livres des librairies jeunesse, en allant aux vernissages des nouvelles expositions, en rencontrant des artistes sur des salons du livre jeunesse, en consultant les sites d’agences d’illustrateurs ou directement via les suggestions Instagram que le coup de cœur opère. C’est peut-être le critère le plus simple : cette illustration vous plaît et vous vous projetez tout à fait dans l’univers de cet artiste.

↘︎ Pour la petite histoire, c’est en allant faire un tour à la Slow Galerie que Laetitia et Antoine sont tombés sur mon travail à la gouache pour l’expo Alger.

2. Une question de feeling artistique.

Une fois que vous avez votre coup de cœur, vient la prise de contact avec l’artiste. À ce stade, l’idéal est de faire un premier échange téléphonique ou en visio. Si vous êtes dans la même ville et que vos emplois du temps le permettent, prenez carrément un petit café. Ce n’est vraiment pas du temps perdu de se rencontrer assez tôt. Votre premier mail a permis de poser les grandes lignes du projet de livre pour enfants (sujet, intention, format du livre, budget, timing…). Mais cette première rencontre vous aidera mutuellement à vous rendre compte si le match peut avoir lieu ou si la collaboration risque d’être compliquée. À la rigueur, ne cherchez pas à aller trop dans le détail technique du livre. Profitez de ce moment pour vous présenter, évoquer vos références, les raisons pour lesquelles vous lui proposez ce projet. Et surtout, posez-lui des questions sur ce qu’il aime et ce qu’il attend de ce livre et de cette collaboration.

3. Une envie partagée.

Il existe un autre bon critère pour vous aider à choisir au cours de vos entretiens avec les artistes : c’est l’envie partagée. Lors de vos échanges avec vos illustrateurs – tout comme vos auteurs d’ailleurs – vous allez découvrir, des personnalités fortes, des qualités artistiques et techniques indéniables. Ce sont des critères évidemment importants à la réussite du projet. Pour autant il ne faudrait pas miser uniquement là-dessus.

L’affinité du dessinateur avec le sujet, son appétence pour l’histoire et son envie de connaître à fond l’univers que vous lui proposez sont tout aussi importantes. Il vaut parfois mieux avoir un artiste un peu moins bon sur le plan technique s’il est très impliqué au niveau narratif et a le désir de porter votre histoire à son maximum.

↘︎ Pour rester dans l’exemple du livre avec la revue Dada, j’ai été ravi d’apprendre que le livre allait traiter du cinéma ! Ayant fait des études en animation et en tant que fan du 7ème art, je ne pouvais pas rêver mieux. C’est un plus lors d’un projet quand vos intérêts persos et pros s’alignent.

4. Se donner le bon timing.

Quand il y a un bon feeling sur la direction artistique et sur la relation humaine vient la question de la disponibilité. Que ce soit du côté de l’éditeur, de l’auteur ou du dessinateur : tout le monde court après le temps (il n’y a malheureusement que 24h dans une journée). La particularité de l’illustrateur c’est qu’il répond à des missions aux temporalités très variées : une exposition de ses œuvres originales dans un an, une illustration d’article presse pour hier, les illustrations de sa boutique en ligne à envoyer avant 3 jours.

Quand vous arrivez vers lui ou elle avec cette proposition de livre, il faut se mettre à sa place. La création d’un livre ne se fait pas en quelques jours d’une traite. Ce nouveau projet va trouver sa place et se construire au milieu de ses autres projets. Assurez-vous que la dead line que vous vous donnez coïncide avec vos agendas communs.

↘︎ Dans notre exemple, le Festival de Cannes était un bon timing pour la sortie du livre. Nous avons donc programmé sa création en fonction de cet objectif.

5. Le budget et les droits d’auteur.

Il reste une question importante : celle du contrat d’édition et de la répartition des droits d’auteur. Si ce n’est pas le tout premier sujet qu’on aborde avec un illustrateur, la question est au cœur de la collaboration. La création d’un livre jeunesse étant une course de fond autant au niveau humain que financier, l’artiste a besoin de visibilité pour se projeter.

Classiquement, un auteur ou un illustrateur touchent des droits d’auteur à la vente de chaque livre, selon un pourcentage de la marge qui leur est reversé. La plupart du temps, les éditeurs proposent ce que l’on appelle une avance sur droits d’auteur. Pour donner une marge de manœuvre créative à ses auteurs, l’éditeur avance des fonds pour commencer la création du livre. Mais c’est essentiellement sur les droits d’auteur à venir, et notamment sur les traductions éventuelles, que l’illustrateur ou l’écrivain vont toucher le fruit de leur travail. Mieux vaut clarifier assez tôt les montants prévisionnels, les pourcentages et les formes du contrat pour vous concentrer après sur la partie créative. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des professionnels du monde de l’édition pour connaître les pratiques en vigueur ou à définir les vôtres pour qu’elles soient le plus équitable possible.

Avec ces 5 points, vous avez toutes les cartes en main pour trouver votre illustrateur ou votre illustratrice jeunesse et menez au mieux le projet d’édition.

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Mes illustrations en cours de création pour des albums et livres pour enfants.

Cet été 2024, je travaille en collaboration avec la revue Dada sur un livre pour enfants consacré au cinéma.

La revue aux 9 numéros par an met des efforts à rendre les arts accessibles aux enfants à travers des documentaires, des articles et histoires. Une fois par an, l’équipe de rédaction confie à un duo composé d’un écrivain et un illustrateur, la création d’un livre jeunesse sur une thématique : Le Grand Livre des Musées, La Grande Aventure du Livre ou encore Le Grand Livre des Records de l’Art.

Je suis très honoré de la confiance que me fait l’équipe Dada en me mettant au dessin de ce prochain ouvrage entièrement dédié au cinéma, à paraître en 2025.

Mes inspirations parmi les illustrateurs célèbres.

Un illustrateur ne sort jamais de nulle part. Il est souvent imprégné des découvertes et émerveillement de sa jeunesse et sa tendre enfance. J’ai moi aussi été lecteur et enfant avant de me retrouver derrière ma table à dessin. Chaque artiste que je rencontre m’inspire et m’oriente dans ma recherche artistique. Voici quelques artistes dont j’aime particulièrement le travail.

Sempé

C’est la synthèse entre l’élégance du trait à la ligne noire, la simplicité minimale et l’humour. J’aime le fait de dire beaucoup avec peu et de chercher l’efficacité maximum des émotions avec le minimum de trait sans manquer de détails et générosité pour autant.

Comment trouver un bon illustrateur jeunesse freelance ?

Le meilleur moyen de trouver l’illustrateur jeunesse adapté à votre projet est de vous balader en bibliothèque, dans les librairies, les festivals et marchés d’illustrations. Vous pouvez aussi faire de temps en temps des vernissages, parler à des Directeurs Artistiques et regarder les recommandations Instagram sur les profils de vos illustrateurs préférés.

Quels sont les albums jeunesse à connaître ?

Illustrateur jeunesse : quelle formation ?

Quel est le salaire d’un illustrateur jeunesse ?

Je suis Aloïs Marignane, artiste illustrateur français.

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